Le Livret Développement Durable devient solidaire



Depuis le 1er octobre dernier, le Livret Développement Durable devient pleinement Solidaire en permettant aux 24 millions de Français détenteurs de ce produit d’épargne de procéder à un don aux acteurs de l’Economie sociale et solidaire.

Acté par la loi dite « Sapin II » en 2016, le Livret Développement Durable Solidaire remplit depuis le 1er octobre sa mission de contributeur au développement de l’action des entreprises et associations de l’Économie sociale et solidaire.

Avec ce dispositif de don depuis un LDDS, le Gouvernement propose de développer le financement de de ce secteur, en sollicitant l’épargne des Français et en mettant en avant ses actions et ses acteurs, via les réseaux bancaires.

Concrètement, les banques proposeront chaque année à leurs clients qui détiennent un LDDS de faire un ou plusieurs dons à partir des sommes figurant sur leur livret, à des structures de l’ESS (association, fondation, mutuelle, coopérative, certaines sociétés commerciales, etc.). Les banques présenteront une liste d’au moins 10 bénéficiaires. Ces derniers, choisis par la banque, doivent soit appartenir à la liste nationale des entreprises de l’ESS, soit être un organisme de financement solidaire1.

C’est le cas pour France Active qui travaille actuellement avec l’ensemble de ses partenaires bancaires pour être référencés parmi les associations bénéficiaires de ces dons.

Pour Olivia Grégoire, secrétaire d’Etat à l’Économie sociale, solidaire et responsable, « l’encours des livrets de développement durable et solidaire est considérable et s’élève aujourd’hui à près de 120 milliards d’euros. Encourager les dons en faveur de l’ESS permettra de donner du sens à l’épargne en soutenant l’Économie sociale et solidaire, qui plus est dans un contexte où les entreprises de l’ESS, comme les autres entreprises, sont durement touchées par la crise ».
Plus largement, la secrétaire d’État précise dans un communiqué de presse que les banques devront consacrer 5% des ressources collectées sur les livrets A et LDDS au financement de l’ESS : « ce mécanisme devrait permettre de flécher près de 9 milliards d’euros ».

1 : Au sens du 1° du III de l’article L. 3332-17-1 du code du travail, c’est-à-dire dont l’actif comporte au moins 35% de titres émis par une entreprise agréée « Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale » (ESUS)

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La Place de l’émergence a un an


France Active lançait l’année dernière son programme 100% innovation sociale, la Place de l’émergence, avec comme partenaires Banque des Territoires, FAPE EDF, Fondation Carrefour, Klesia, Malakoff Humanis, MAIF, Fondation MACIF, BNP Paribas et Banque de France.

Elle réunit chaque mois entrepreneurs engagés, partenaires du programme, financeurs et mentors pour des séances de pitchs et sélection de projets en démarrage qui ont un fort impact sur la société.

Chaque rendez-vous est l’occasion de présenter 6 projets, et 5 entrepreneurs sont primés en moyenne.

Depuis le démarrage du programme, 54 projets ont été accompagnés, pour un montant total de primes de plus d’un million d’euros.

Celles-ci se dirigent vers des projets aux engagements multiples et variés : cohésion territoriale et économie de proximité, lutte contre l’exclusion, action sanitaire et sociale, accès au logement, emploi et formation, soutien aux personnes en situation de fragilité, économie circulaire, alimentation durable et filière bio…

Le 29 octobre prochain sera l’occasion de fêter le 1er anniversaire du programme, avec la présence de la secrétaire d’État à l’Économie sociale, solidaire et responsable, Olivia Grégoire et le témoignage de 4 entrepreneurs accompagnés en émergence durant l’année.

L’événement sera retransmis en direct pour permettre à tout le monde de le suivre dans le contexte sanitaire actuel.


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https://vimeo.com/471011410

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Découvrir l’action de France Active dans les territoires

 

Les rapports annuels de nos associations territoriales sont disponibles en ligne.

Apprenez-en plus sur les entrepreneurs soutenus par France Active localement, à travers les rapports d’activités 2019 de nos associations territoriales.
Vous y retrouverez des portraits toujours plus solidaires, les chiffres majeurs de 2019, etc.

Auvergne – Rhône-Alpes



France Active Auvergne


France Active Loire


France Active Savoie Mont Blanc


France Active à Lyon (RDI)

Bretagne

Centre Val-de-Loire

Grand Est



France Active Bretagne


France Active Centre Val-de-Loire


France Active Alsace


France Active Lorraine

Hauts-de-France

Ile-de-France



France Active Nord


France Active Picardie


France Active Seine-et-Marne Essonne

Nouvelle Aquitaine

Occitanie

PACA



France Active Aquitaine


France Active Limousin


France Active MPA – Occitanie


France Active Provence Alpes Côte d’Azur

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Participez aux conférences France Active au FNAF 2020


En raison des dernières mesures liées à la situation sanitaire, le FNAF est annulé cette année.

Rendez-vous en 2021.

Le 15 octobre, France Active se mobilise pour une nouvelle édition du Forum National des Associations et des Fondations (FNAF).
Elle y organise deux conférences événements sur des thématiques liées à des enjeux contemporains.
Pour assister à ces conférences, inscrivez-vous et organisez votre venue > forumdesassociations.com/

Jeudi 15 octobre

>Associations, comment s’engager dans la relance ?

De 09h00 à 10h30

Rebondir en cette période de crise n’est pas si aisé. Les questions sont nombreuses. Elles portent sur la résilience de votre modèle économique, sur votre positionnement et parfois sur votre raison d’être. Pour s’engager dans la relance, France Active vous propose de vous accompagner dans la recherche de solutions : une approche pragmatique en conseil, financement et mise en réseau.


En savoir +

>Coopérer dans l’ESS pour répondre aux enjeux économiques de la crise, c’est possible ?

De 16h15 à 17h45

Émergence de nouveaux besoins sociaux, réorganisation territoriale des pouvoirs publics, baisse des subventions au profit de la commande publique et maintenant crise sanitaire… Les modèles économiques d’utilité sociale des structures de l’ESS sont aujourd’hui sérieusement bousculés. Si la coopération est une solution, développer de nouvelles activités, mobiliser sa gouvernance par exemple, elle n’est pas une démarche anodine.


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Territoires, numériques, citoyens : demain ensemble dans la relance ?


Qu’apprenons-nous de la crise sanitaire ? 

Quelles sont les conditions d’une relance qui ne creuse pas davantage les inégalités ? 

Des questions qui réinterrogent en profondeur le rôle des territoires et des technologies numériques pour faire jaillir des solutions nouvelles au service de tous. Le président de France Active Pierre-René Lemas et l’économiste Daniel Cohen débattent.

https://vimeo.com/440931514

Walter – Interview croisé

Quels sont selon vous les principaux enseignements de cette crise ?
Daniel Cohen : Cette crise est d’abord unique par son ampleur. Il faut revenir aux années 30 pour trouver une intensité comparable et le choc est bien plus considérable que celle de 2008. Et tandis qu’elle nous force à repenser nos manières de travailler et de fonctionner, nous constatons qu’elle a engendré beaucoup d’inégalités. L’une des plus criantes étant celle du télétravail où 60 % des diplômés de l’enseignement supérieur peuvent travailler à distance, contre 3 % seulement des ouvriers.

Pierre-René Lemas : Trois aspects me marquent particulierement. Tout d’abord, l’inquiétude des entreprises sur leur avenir, et ce, malgré les
réponses apportées par les pouvoirs publics, les régions, etc., en termes de financements. Ensuite, nous assistons à des expressions de solidarité très fortes. Mais comment faire pour que toutes ces initiatives locales ne restent pas provisoires ? Enfin, beaucoup de premières réponses – indépendamment des plans nationaux – sont apparues au niveau local, au sein des petites ou moyennes villes, des agglomérations, des regroupements où se retrouvent à la fois des entreprises de l’ESS, des associations, etc. Il me semble que nous avons ici des éléments de réponse pour la sortie de crise – mais à la condition que ces initiatives soient accompagnées, au risque de n’être qu’éphémères.

 

Cette période fait exploser les usages du numériques pour travailler, communiquer, se divertir, vivre ensemble… 

En quoi est-ce signifiant pour l’après ?
D. C. : Au début de la crise, le manque de masques, de médicaments, de tests a mis en lumière les limites de la mondialisation qui s’est accélérée depuis les années 90. Je verrais désormais un passage de relais entre un capitalisme mondialisé et un capitalisme numérique qui s’exprime, par exemple, par le télétravail ou la télémédecine. Ce n’est pas nouveau, mais cette crise dévoile le projet de ce qu’on peut appeler
cette “économie du confinement”, où l’on essaie de dématérialiser tout ce qui peut l’être. C’est une porte ouverte aussi bien vers le meilleur que vers le pire. Le meilleur, si ça donne plus d’autonomie et de respiration entre les différentes strates de la vie (professionnelles, personnelles, etc.). Ou encore quand l’outil numérique vient en soutien de cet élan de solidarité sur les territoires. Le pire, quand il s’agit
de déshumaniser les relations.

Cette crise apporte un éclairage nouveau sur le rôle des territoires. Quelles opportunités y voyez-vous ?
P-R. L. : Tous les acteurs de la vie économique et sociale parlent désormais de “décentralisation”, de “solidaire”, de “coopératif”… mais attention à ne pas vider ces mots de leur substance. La question est de savoir comment leur redonner du sens. La réponse n’est pas simple, mais je donnerai un exemple. Avec le confinement, chacun redécouvre son chez soi, son logement. Mais qu’est-ce qu’un logement adapté à
2020 et même à 2030 ? Et a fortiori dans les quartiers populaires, où les habitations pensées dans les années 60 s’avèrent désormais trop petites, mal aérées… Et par extension : qu’est-ce que le quartier ? le village ? la cité ? Avec cette crise, ces éléments de la vie quotidienne sont de vraies opportunités de changement.
Ce sera forcément un mécanisme de longue haleine, ça ne se transformera pas en une loi de finance. Pour ne pas rater cette occasion, il appartient aux décideurs nationaux et territoriaux de les prendre en main en s’appuyant sur les forces vives des territoires
– les associations, les groupements de communes, les assemblées consulaires, les chambres d’agriculture, les syndicats…

Quelles perspectives entrevoyez-vous pour la relance ?
P-R. L. : Je pense que l’addition d’initiatives locales – même petites – dans le domaine de l’ESS peut contribuer à une réponse globale de sortie de crise. Soyons ainsi très attentifs aux besoins très concrets des entrepreneurs engagés. Quand nous les rencontrons, ils nous disent pour la plupart qu’ils parviennent à éteindre les flammes et à régler leurs problèmes de trésorerie grâce aux aides. Mais pour vraiment redémarrer, il leur faut du capital et des fonds propres pour consolider leur assise – et ainsi sortir de la réponse à l’urgence pour construire un rebond à plus long terme.

 

D. C. : La crise n’est pas finie. Il semble donc prématuré de parler de relance. Il faut d’abord tirer toutes les leçons de cette période et sur la manière dont il est possible de recréer de l’intelligence sociale pour repenser la vie sociale. Il y a donc tout un champ à inventer – avec pour fil rouge le lien humain. C’est un formidable appel à l’imagination, pour proposer des solutions nouvelles, qui pourront s’appuyer sur le
numérique mais pas comme une fin en soi, et repenser l’organisation de l’État, des collectivités locales, des rapports de voisinage. Une
relance par l’État ne sera pas une réponse à la question. Ce sera une relance par les acteurs au plus près des problèmes. Charge ensuite à l’action publique de les aider à avoir les moyens

 

COVID-19 – De l’urgence à la relance – Interview de Fanny Gerome, directrice générale adjointe de France Active



Faire face à l’urgence et préparer la reprise, c’est le mot d’ordre que France Active s’est donné pour accompagner les entrepreneurs en cette période de crise économique. Les explications par Fanny Gerome, directrice générale adjointe de
France Active, sur les solutions développées ces deux derniers mois.

Comment les entreprises accompagnées par France Active
font-elles face à la crise économique liée au Covid 19 ?

Après deux mois de confinement, il est encore difficile d’avoir un
regard très précis sur la santé économique des 60 000 entreprises que nous avons en portefeuille. Cela étant, la campagne de suivi que nous
avons initiée dès le mois d’avril dernier nous donne de grandes tendances. Les entreprises les plus fragiles souffrent le plus, celles qui
n’avaient pas de fonds propres, dont les difficultés préexistaient. Les
plus solides encaissent le choc. Elles sont en train
de gérer au mieux.
Nous travaillons avec nombre d’entrepreneurs sur
des scénarios de reprise d’activité, même si
toutes les conditions ne sont pas encore toutes
requises. Pour le tourisme social par exemple, un
retour à la normal est aujourd’hui difficile à
envisager. Comme pour d’autres secteurs, le
point de fragilité porte sur la forte immobilisation
qu’ils ont besoin de solliciter pour faire tourner
leur activité.
Nous agissons aussi de concert avec les banques
et tentons d’orienter notre soutien vers les
entreprises les plus fragiles, notamment les plus
petites, pour lesquelles la question de
l’endettement se pose fortement.

Comment France Active s’est-elle mobilisée pour soutenir les entrepreneurs en portefeuille ?
L’esprit dans lequel nous avons mis en place nos mesures se fondent sur notre capacité à agir au regard des moyens
dont nous disposons. Comme d’autres acteurs de la finance, nous avons répondu à l’urgence. Nous avons fait un choix de reports
d’échéances assez larges. Très rapidement, nous avons décidé de mettre en place des solutions permettant d’apporter un soutien pour
la reprise d’activité des entrepreneurs les plus engagés sur l’impact social, l’emploi et l’écologie. À présent, nous travaillons sur des perspectives plus larges d’accompagnement qui vont s’appuyer sur notre campagne de suivi et sur l’analyse de nos données. Nous gardons en ligne de mire notre projet associatif qui nous amène à
agir pour les entrepreneurs les plus fragiles. Nous souhaitons nous associer à d’autres acteurs de l’entrepreneuriat et de la finance pour que chaque entrepreneur puisse bénéficier d’une communauté engagée dans sa réussite. C’est le sens du Pacte Relance que nous
avons renforcé en avril dernier.

Que propose désormais le Pacte Relance aux entreprises les plus engagées ?
Notre volonté est d’intervenir en pleine
complémentarité avec les mesures portées par
l’État, Bpifrance, la Banque des Territoires et les
Régions. L’effort collectif est ici immense et c’est
de notre responsabilité
d’agir à leurs côtés dès
lors que la finalité
sociale de l’entreprise
entre en résonnance
avec nos priorités
d’intervention.
Autrement dit, notre action se concentre sur
les entrepreneurs les plus éloignés du financement
bancaire comme auprès des entrepreneurs qui
placent l’utilité sociale au coeur de leur modèle. Le
Pacte Relance s’adresse donc aux entrepreneurs solidaires qui rencontrent des difficultés pour relancer leur activité. Nous l’avons renforcé avec le Prêt Relève Solidaire, un prêt sans intérêt qui peut s’élever jusqu’à 100 K€ sur une durée de 12 à 18 mois. Doté aujourd’hui de 30 millions d’euros, le prêt pourra concerner dans les
prochains mois au moins 500 entreprises. Nous avons bénéficié ici de l’appui majeur de la Banque des Territoires et de partenaires privilégiés : le Haut-Commissariat à l’Économie sociale et solidaire et
à l’Innovation sociale, Régions de France, la Fondation de France,
Mirova (Groupe BPCE), MAIF, le groupe Macif et sa Fondation,
Malakoff Humanis, AG2R La Mondiale, ainsi que BNP Paribas.

Lire Walter #23

L’économie en symbiose




La crise actuelle, qui se révèle à la fois sanitaire, environnementale, économique et sociale, invite à une prise de conscience globale : il est plus que jamais urgent de changer de modèle en profondeur. Et pour cela, poser les bases d’une économie à la fois régénérative, collaborative, résiliente ; en symbiose. Les entrepreneurs engagés y œuvrent.

Transposer le terme de « symbiose », issu du monde de la biologie, sur le territoire de l’économie est porteur de sens. « C’est évidemment un rappel à l’impérieux besoin de recréer du lien avec le monde du vivant, de l’intégrer au sein de nos vies, de nos communautés sociales, de la ville, de nos équilibres socio-économiques », explique Isabelle Delannoy, environnementaliste, théoricienne du concept d’ « économie symbiotique » (voir interview ci-dessous). C’est également un levier puissant pour appréhender les enjeux écologiques dans un cadre plus vaste que les seuls impacts environnementaux. « Fondamentalement, ce concept fait écho à tous ces entrepreneurs engagés qui travaillent certes sur la notion de ressources durables, mais qui recherchent aussi un impact sur plusieurs aspects au sein de tous leurs écosystèmes, rappelle Marlène Fargues, en charge du financement des entreprises solidaires chez France Active. C’est-à-dire en arrivant à se développer de manière harmonieuse avec leurs territoires, leurs environnements, leurs parties prenantes internes, leurs partenaires, etc. »
Les fermes Paysan urbain, déployées d’abord en Ile-de-France et depuis 2018 à Marseille, avec le soutien de France Active, répondent à toutes ces dimensions. Son président, Guillaume Morel-Chevillet le confirme : « L’agriculture urbaine répond à un premier enjeu de production alimentaire. Mais pour des fermes comme les nôtres, intra-urbaines, donc sur de petites parcelles, cette vertu reste limitée. nous visons aussi un autre aspect : celui d’introduire une nouvelle expérience de nature en ville, avec des aménagements paysagers ouverts à tous. Nous permettons aux habitants de changer de relation à la nature. Enfin, certes notre action écologique est importante, mais notre mission est aussi plus vaste. En tant que Chantier d’insertion, hébergé par les Compagnons d’Auteuil, notre vocation est sociale. Fournisseur des restaurants locaux, nous sommes un acteur économique du quartier. »

Des modèles plus collaboratifs et résilients

Cette multidimensionnalité est aussi essentielle pour consolider de nouveaux modèles qui explorent des voies inédites et en sont à leurs prémices. « Ce que nous proposons est encore nouveau. Comme beaucoup de projets d’agriculture urbaine, nous n’avons pas encore trouvé pleinement notre maturité économique et restons dépendants des subventions, poursuit Guillaume Morel-Chevillet. Mais en étant ouverts à nos écosystèmes locaux, en recherchant un impact pluriel, nous nous ouvrons aussi à plus de souplesse et d’adaptation. Ainsi, nous travaillons actuellement à développer les ventes aux particuliers et à diversifier nos productions, en visant toujours plus de synergies avec notre quartier. »
L’une des vertus de la symbiose est, en effet, de créer une ouverture positive, une interdépendance vertueuse entre tous les acteurs. « Ce terme d’“interdépendance” n’est pas à percevoir comme quelque chose de dangereux pour une structure, commente Grégory Fauveau, responsable du pôle Économie Circulaire et Déchets à l’ADEME Ile-de-France. Je pense par exemple à ce producteur de champignons parisien, “La Boîte à Champignons”, que nous avons soutenu à l’ADEME. Il utilise dans son substrat à la fois des résidus de la brasserie voisine, du marc de cafés des bistrots locaux et même des cartons de l’entreprise d’insertion de déménagement à proximité. Nous sommes évidemment dans le cercle vertueux de l’économie circulaire mais aussi dans une nouvelle manière de collaborer un peu plus en réseau avec les acteurs économiques, les territoires, les acteurs sociaux. Chacun se soutient mutuellement. C’est un bel organisme vivant qui voit le jour, fondé sur un nouveau mode de relation où ils ne sont pas des concurrents mais véritables partenaires. Ils sont plus forts et résistants ensemble. »

Vers des ressources d’avenir

S’intégrer de manière équilibrée et dynamique dans son écosystème, c’est aussi en réinterroger les ressources potentielles – ouvrant alors la voie à des innovations permettant de réels sauts techniques et d’usages. C’est le cas de l’entreprise SAS Minimum, implantée à Pantin, qui a conçu un matériau de construction inédit – « Le Pavé » – produit grâce à du plastique recyclé. « Nous voulions sortir de la boucle qui consiste à recycler une bouteille en plastique en une autre bouteille en plastique, qui a une durée de vie de quelques minutes et redevient très vite un déchet, explique Marius Hamelot, son président. En créant un matériau pour le BTP, nous proposons une alternative massive qui s’inscrit dans le long terme et dans les circuits courts en minimisant les transports entre le gisement de déchets (la ville principalement), son lieu de recyclage (les lignes industrielles que nous montons) et leur utilisation (par les acteurs du BTP) . »

Mais un tel changement de perspective impose de créer de toutes pièces une nouvelle filière et de nouveaux modes de production : « Cela nécessite de gros investissements industriels et la mise en place de protocoles de recyclage. Il faut aussi réussir à introduire son matériau dans le secteur du bâtiment qui n’en a pas l’habitude et donc aller au contact des artisans, etc. » Autant de verrous financiers, techniques, normatifs, culturels qui doivent être dépassés pour devenir un vrai levier de transformation en profondeur. « Pour cela, l’économie en symbiose est essentielle, complète Marius Hamelot. C’est-à-dire les coopérations basées sur la transparence avec des acteurs partenaires, de taille équilibrée, pour poser les premières collaborations, les premiers marchés, les premiers tests produits… mais aussi le soutien financier d’acteurs tels que France Active qui ont investi dans le projet, créant une chaîne de confiance auprès d’autres financeurs et lui ont permis de changer d’échelle. »

Même dynamique chez la jeune société ÉcoMégot, accompagnée également par France Active. Cette entreprise a en ligne de mire un déchet, certes commun et anodin en apparence, mais qui s’avère particulièrement toxique et polluant : le mégot de cigarette. Et ce, en l’attaquant sur tous les fronts : via la collecte, grâce à la conception et l’installation de mobilier urbain, la valorisation en combustibles pour les cimenteries locales – permettant de diminuer leur consommation d’énergies fossiles – et, nouveauté, le recyclage : « une innovation que nous venons de rendre possible grâce à notre travail avec des laboratoires, explique Sandrine Poilpré, sa co-fondatrice. Au départ, c’était quasiment une page blanche. Il existait certes quelques acteurs sur ce segment du mégot, mais surtout associatifs et axés sur la sensibilisation. Nous, nous avons fait le choix de l’innovation pour trouver des techniques globales de recyclage. Et c’est en nous appuyant sur une multiplicité d’acteurs territoriaux différents – collectivités, entreprises, associations et partenaires tels que France Active –, que nous avons posé peu à peu les bases d’un vrai modèle pérenne, viable et qui essaime. D’ailleurs l’un de nos prochains défis est de repousser nos frontières et de nous implanter en Europe. » Preuve que l’on peut viser économie circulaire, respect des équilibres, innovation et croissance durable.

Pour voir plus grand, accompagner plus largement

« N’oublions pas, néanmoins, que quand on propose de nouveaux modèles de coopération ou de production, on se heurte fréquemment à des cadres préexistants – financiers, réglementaires, juridiques, organisationnels… – qui n’ont pas été pensés pour nous. Beaucoup reste à inventer », rebondit Sylvain Péchoux, co-gérant de la couveuse coopérative d’activités agricoles, Les Champs des Possibles (voir encadré « Boîte à outils »). D’où un nécessaire accompagnement – lui-même ouvert, hybride, pensé en réseau, multipliant les approches et les échelles. « Chez France Active, nous savons bien que ces entrepreneurs engagés dans l’économie en symbiose sont les plus innovants car ils mixent les approches et les impacts. Tout l’enjeu est de leur permettre de sortir de l’initiative unique pour voir plus large et faire écosystème », explique Marlène Fargues. France Active compte alors sur la force de son réseau, qui permet à la fois d’identifier des projets sur tous les territoires, de les connecter entre eux et d’apporter une cohérence nationale. « Cette dynamique multidimensionnelle s’exprime tout particulièrement dans notre Fonds d’amorçage – où nous accompagnons financièrement et dans la construction de leurs business models les projets les plus innovants. Et pour encourager les projets à même de développer des impacts autant écologiques, qu’économiques et sociaux, nous sommes actuellement en train de travailler à une formalisation plus forte de notre offre de connexion, pour intensifier le partage d’expériences et les créations de liens – en d’autres termes, les dynamiques symbiotiques vertueuses… »

  • 4,6 tonnes de déchetsproduites par habitant
    (ADEME)
  • 227,5 millions de tonnespar an par le secteur du BTP,
    le plus gros producteur de déchets en France.
    (ADEME)
  • 10 milliards de mégots de cigarettejetés dans la nature chaque jour dans le monde
    représentant 40 % des déchets maritimes
    Une cigarette dans l’eau = 500 litres pollués
    (OMS)
  • 800 000 emploisgénérés par l’économie circulaire en France.
    Les activités de réparation des produits usagés, de réutilisation ou de recyclage génèrent 25 fois plus d’emplois que la mise en décharge de ces déchets.
    (Ministère de la transition écologique et solidaire)

L’agriculture en réseau

Proposer une organisation à la fois durable, résiliente et productive, c’est l’objectif de la couveuse coopérative d’activités agricoles, Les Champs des Possibles, basée à Montreuil. Constituée en société coopérative d’intérêt collectif, elle regroupe à la fois des paysans, des artisans, des salariés de la structure, des partenaires de distribution, des collectivités territoriales, des citoyens engagés… En bref, tous les acteurs de la chaîne alimentaire agissant en synergies. Mutualisant les risques, les investissements et le matériel et offrant la possibilité de diversifier ses activités, ce modèle est un tremplin pour l’entrepreneuriat collectif et la création d’activité. Cette dynamique en symbiose se diffuse peu à peu grâce à la création du Réseau national des espaces tests agricoles (RENETA) qui compte actuellement 70 structures en France et en Belgique.

3 questions à Isabelle Delannoy, Environnementaliste, théoricienne du concept d’économie symbiotique

Que recouvre la notion d’économie symbiotique ?
Ce concept décrit une économie régénérative de
ses ressources : vivantes avec la permaculture,
l’inscription de l’ingénierie écologique dans
l’urbanisme ou l’agroécologie ; sociales avec
les réseaux d’économie sociale et solidaire,
d’économie collaborative, etc. ; et matérielles
avec l’économie circulaire et de l’usage. Plus elles
sont associées, plus une économie partagée et
venant du local se développe. Ce n’est surtout
pas une économie des petits contre les grands –
nous avons besoin de tous. Elle n’est pas non plus
synonyme de repli sur soi – ne confondons pas
autonomie et autarcie. Elle ne propose pas non
plus de recettes miracles – elle accouche peu à
peu d’un monde avec humilité.
En quoi peut-elle représenter un levier
économique puissant ?

Relier les écosystèmes sociaux, industriels,
territoriaux, etc., met en place des mécaniques
d’échanges vertueuses qui génèrent du chiffre
d’affaires. Ce n’est pas parce que c’est doux,
que ce n’est pas puissant. Ce n’est pas parce
que c’est beau, que ce n’est pas efficace. Ce
n’est pas parce que c’est écologique que ce
n’est pas économique. Toutes ces oppositions
dans un système dit “extractif” s’annulent dans
une économie régénérative.
Qu’est ce qui manque pour vraiment
faire système ?

Aujourd’hui, nous devons faire culture.
Tout d’abord, en multipliant les lieux de
rassemblement et de mutualisation de tous
ces écosystèmes régénérateurs (fablabs,
jardins partagés, tiers lieux, etc.) mais aussi les
initiatives locales à même de créer les synergies.
Mais surtout, nous avons besoin de financeurs
et d’outils de financements adaptés à cette
économie très mixte ainsi que de méthodes
et d’évaluations. Dans cette optique, nous
sommes en train de créer une chaire d’économie
régénérative au CNAM, mettant en oeuvre les
principes de l’économie symbiotique.

Découvrir tout Walter #23

Grands Prix de la finance solidaire 2020 : une 11ème édition innovante

 

Vous êtes un.e entrepreneur.e solidaire ?
Vous agissez quotidiennement pour lutter contre l’exclusion, participez à la transition énergétique ou proposez de nouveaux modèles de société en France et dans les pays du Sud ?
Vous avez bénéficié de financements solidaires au lancement de votre projet ou pour son développement ?

Participez aux Grands Prix de la finance solidaire !

Dans le cadre de la Semaine de la finance solidaire (du 2 au 9 novembre 2020), et pour la 11ème année consécutive, Finansol s’associe au journal Le Monde pour organiser les Grands Prix de la finance solidaire. Cet appel à candidatures a pour but de récompenser les entrepreneurs sociaux, qui remettent l’homme au cœur de l’économie et agissent pour le bien commun.

2020 : une édition des Grands Prix de la finance solidaire qui évolue

Cette année, plusieurs nouveautés font leur apparition.
Tout d’abord, une présélection est maintenant proposée. Les projets qui passeront cette première étape seront ensuite contactés par les équipes de Finansol pour compléter leur candidature et voir leur dossier étudié par le jury.

Le calendrier évolue donc lui aussi :

  • Vendredi 10 juillet : Date limite de candidature pour les présélections
  • Du 6 au 15 juillet : Analyse des dossiers
  • A partir du 16 juillet : Résultats de la première phase d’analyse et envoi aux projets sélectionnés du dossier complet de candidature
  • Dimanche 2 août : Date limite de renvoi des dossiers complets et pièces attachées
  • Août à septembre : Analyse des dossiers et délibération du jury, composé d’acteurs reconnus du secteur de l’ESS
  • Octobre : Finansol annoncera publiquement les 4 ou 5 nommés par catégorie. Les lauréats seront dévoilés durant la Semaine de la finance solidaire
  • Entre le 2 et le 9 novembre : Annonce des lauréats

Enfin, dernière nouveauté, les catégories des prix changent elles aussi. Ainsi, cette année, les Grands Prix récompenseront 3 structures (entreprise, coopérative, fondation ou association) exerçant une activité génératrice d’utilité sociale et/ou environnementale ayant bénéficié de la finance solidaire.

  • Prix France. Sont éligibles à cette catégorie les structures exerçant une activité à forte utilité sociale et/ou environnementale : accès à la santé, lutte contre l’exclusion, insertion par l’activité économique, accès au logement, alimentation durable et filière bio, énergies renouvelables, transition écologique, etc.
  • Prix International. Sont éligibles à cette catégorie les structures qui proposent une réponse à une problématique sociale et/ou environnementale locale. Cette catégorie inclut les structures basées à l’étranger qui ont été ou sont soutenues par la finance solidaire (en direct ou bien par l’intermédiaire d’une IMF) visant la pérennité économique et les programmes locaux des associations françaises de solidarité internationale bénéficiaires d’épargne de partage.
  • Prix Coup de cœur. Sont éligibles à cette catégorie les structures ayant créé ou développé une réponse à un défi posé par la crise du Covid-19. Finansol et Le Monde sélectionneront 4 dossiers qui seront soumis au vote des internautes sur le site internet du Monde durant la première quinzaine d’octobre.

Les 3 lauréats se verront attribuer une dotation de 5 000 €. Ils bénéficieront, en outre, d’un article dans le supplément du Monde Argent (repris sur le site du Monde) qui présentera leur projet, ainsi qu’une mise en avant sur le site de Finansol.

Vous avez jusqu’au dimanche 5 juillet pour remplir le dossier de présélection en ligne et devenir, peut-être, le prochain lauréat de l’un des 3 prix !


Formulaire de présélection

Les Grands Prix de la finance solidaire sont organisés en partenariat avec
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Lancement de L’Appli by France Active



Présent dans tous les territoires, la force du réseau France Active réside dans sa proximité avec les projets qu’elle accompagne.

Cette proximité s’étoffe avec le lancement de notre plateforme numérique dédiée à la relation avec les entrepreneurs. Elle leur permet :

  • un contact permanent avec les chargés de mission,
  • un panorama des solutions qui s’offrent à eux dans leur territoire,

le tout dans un format simple et fluide.